Réunion du recteur de Caen du 24 janvier 2018 à Pont-Audemer : annonce d’une fusion probable des académies de Caen et de Rouen

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COMMUNIQUE DU SNASUB-FSU

Les organisations syndicales des académies de Caen et de Rouen étaient invitées le 24 janvier à une rencontre avec le recteur de Caen (recteur par intérim à Rouen) pour discuter du rapprochement des deux académies de Normandie.

Il a annoncé qu’une étude des pratiques entre les deux académies était en cours et servirait au ministère de l’éducation nationale et à celui de l’enseignement supérieur après un rapport remis fin mars 2018 pour arrêter une décision : fusion ou harmonisation inter-académique.

Le plus important tient dans les propos du recteur lui-même qui estime que « les académies de Caen et de Rouen ont un destin de fusion ». Il a même confié aux syndicats que le ministre Blanquer a affirmé dans une réunion des cadres de l’éducation nationale à Rouen, en décembre, que l’on « s’inscrivait dans une perspective de fusion ». Ces propos se démarquent des discours rassurants tenus depuis septembre 2017. Visiblement, dans une stratégie de communication, le recteur prépare les consciences à la fatalité de ce choix.

Le SNASUB-FSU réaffirme son opposition à toute fusion. Les conséquences seront négatives pour les personnels, accentueront le sentiment d’abandon de certaines zones géographiques éloignées du centre de décision, rendront l’administration moins lisible et moins accessible aux usagers. Mobilité géographique pour les cadres, mobilité fonctionnelle imposée pour les autres et un service public amoindri. La fusion, c’est la chasse aux doublons (moins de cadres et moins de service public), la mise en place de services bi-sites avec à terme la concentration de missions de l’Etat sur un seul site. N’oublions pas que la circulaire du 26 septembre 2017 du Premier ministre envisage, à travers le Programme Action Publique 2022, des glissements de missions entre services publics, (y compris vers les collectivités publiques), des « transferts au secteur privé, voire des abandons de missions » pour l’ensemble des services de l’Etat. Tout ceci sur fond d’économie et de suppressions de 120 000 emplois dans la fonction publique. Le Premier ministre a bien abandonné un projet à Notre Dames des Landes, qu’il abandonne celui de la fusion des académies.

Un demi-recteur à Caen et Rouen : on solde à la rentrée 2017 !

Le SNASUB-FSU a suivi et s’est inquiété dès le mois de juillet du départ non remplacé de la rectrice de l’académie de Rouen. L’annonce officielle de ne pas nommer un nouveau recteur laisse le SNASUB-FSU perplexe devant ce qui apparait comme une politique confuse.

C’est la politique du ni-ni qui a été décidée : ni fusion des académies de Caen et de Rouen, ni « immobilisme ». Les autorités ministérielles profitent de la création des « régions académiques », instituées en décembre 2015, pour hisser le recteur de Caen au-dessus des deux académies, dans les faits en un demi-recteur puisqu’il n’aura plus le temps de s’occuper de son académie initiale. On se demande comment il va pouvoir se dupliquer pour assister à toutes les réunions auxquelles il est actuellement présent (Comité technique, CTSA, CHS-CT, CA du GIP-FCIP…). Lors de son arrivée en septembre 2016, il avait annoncé qu’il était là pour restaurer la confiance avec les personnels après l’éviction de son prédécesseur par une lutte locale à laquelle SNASUB-FSU avait largement contribuée.

La question principale est celle de savoir si l’organisation administrative du service public d’éducation nécessite de la proximité avec la population. La réponse est clairement oui ! Or, la tendance actuelle vise à dévitaliser le tissu local du service public au profit d’une politique générale et technocratique toujours plus éloignée des réalités. Le service public a besoin de proximité pour sa qualité et pour garantir dans les faits le meilleur accès aux droits de toutes et tous.

L’existence de services interacadémiques déjà en place entre Caen et Rouen servent « d’arguments » pour justifier un rapprochement voire une fusion. Mais que l’on juge du résultat. Les personnels se plaignent de ne plus avoir en permanence un chef de service. On ne peut être efficacement affecté à deux endroits, car c’est être affecté nulle part. Il y a incompatibilité entre suivi de proximité et double affectation. Nous le voyons déjà avec le service interacadémique de la formation professionnelle et continue (DIAFPIC), commun aux deux académies de Caen et Rouen. A l’échelle d’un recteur, cela signifie que des forces centripètes vont être à l’œuvre pour le remplacer dans les faits. Quand on sait que la direction du rectorat de Caen est dirigée par une secrétaire générale et trois secrétaires généraux adjoints, on peut s’inquiéter des tiraillements que suscitera le vide créé par l’absence du recteur.

Pour ce qui concerne le SNASUB-FSU, nous demandons à rencontrer le recteur de Caen dans les plus brefs délais afin d’avoir de nouveaux éléments sur la situation et rappeler notre opposition à tout processus de fusion et demandons la nomination dans les plus brefs délais d’un recteur à Rouen. La lutte continue !

Le 4 septembre 2017, les secrétariats académiques de Caen et de Rouen du SNASUB-FSU